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Collègiale de Clamecy

Maîtrise d'Ouvrage : Ville de Clamecy

Maîtrise d'Oeuvre : Monsieur Paul Barnoud (Architecte en Chef des Monuments Historiques)

Délais du chantier : 12 mois

Début des travaux : octobre 2005

Lors des travaux de restauration de la voute de l’abbatiale de Clamecy, des décors des XIIème et XIIIème siècles ont été mis en évidence. Après l’étude de leur état de conservation, des restaurations ont été réalisées.

Phase 1 : Les premières découvertes

Lors de la restauration de la voûte de l’église de Clamecy, un nettoyage et un complément des faux appareillages de pierre XIXème était envisagé. Rapidement, il est apparu que ces badigeons recouvraient un décor plus ancien. Les vestiges mis à jour par un premier dégagement à l’outil en bois permettaient d’imaginer un décor complet.

Ce type de décors a été découvert au pourtour des baies hautes des deuxième et troisième travées de l’église de Clamecy. Au droit d’anciennes restaurations, les vestiges des fresques des XIIème et XIIIème siècles apparaissaient.

Les nervures présentaient également des rehauts de couleurs, des filets soulignaient les arrêtes ou les plats.


Dégagement exhaustif pour étude de faisabilité :

Après les premières découvertes, l’ensemble du décor à été inspecté. Nous avons réalisé un dégagement exhaustif de tous les types de décors en place sur les voutes, parements, nervures et clés de voutes.

Phase 2 : Etat sanitaire des peintures murales

Avant tout travail de dégagement, nous avons réalisé un état sanitaire du décor et du support peint. Les vestiges de peintures présentaient des décollements importants. La cohésion de la couche picturale et du support n’était plus assurée.

L’état du support a été inspecté dans les zones ou la cohésion de strates le permettait.

La stratigraphie a été révélée afin de définir les couches picturales à éliminer et quelle strate serait mise en évidence.

Phase 3 : Protocole de restauration

  • Nettoyage primaire réalisé sous aspiration contrôlée
  • Dégagement au scalpel de l’ensemble du décor
  • Consolidation du mortier de support par imprégnation de silicate d’éthyle, en deux passes, sous contrôle rigoureux des paramètres température/humidité relative
  • Consolidation de la couche picturale à l’aide d’émulsion acrylique Acryl AC 33 à la spatule chauffante,
  • Réintégration des parties lacunaires par la réalisation de glacis de tonalité légèrement inférieures aux couleurs d’origine de manière à permettre leur identification future.
  • Dégagement sous loupe à source lumineuse indirecte
  • Après présentation des premières fenêtres et compréhension du décor, il a été décidé, en collégialité, de dégager entièrement le badigeon XIXème pour retrouver les décors du XIIIème siècle.
  • Après un nettoyage primaire réalisé sous aspiration contrôlée, nous avons travaillé sous lumière indirecte à l’aide d’une loupe de chantier pour pratiquer le dégagement des strates du badigeon XIXème.
  • Consolidation réalisée en pulvérisation.
  • Après dégagement et consolidation des parties fragilisées, les zones non polychromes et ne présentant plus une cohésion suffisante pour recevoir le décor ont été purgées afin de retrouver le support de moellon sain. Puis les différentes strates de préparation ont été appliquées, de l’arricio à l’intonaco.
  • Les fissures ont été comblées par injection de surfin de chaux, puis ont reçu le même intonaco pour la préparation du support.

La réintégration à été réalisée en glacis afin de pouvoir déceler le décor original. Les restitutions ont été réalisées un ton en dessous des tonalités d’origine.

Nous avons utilisé des pigments naturels et un liant acrylique. Les restitutions ont été réalisées au pinceau et à l’éponge naturelle.

Conclusion :

La consolidation des décors et la fixation des écailles permettent la conservation de la peinture murale. Les réintégrations permettent de retrouver le décor d’origine sans se substituer à celui –ci.